"Hallelujah", Le Messie, HWV 56
"Hallelujah". Ce morceau, le plus connu de toute l’œuvre de Haendel, se situe à la fin de la deuxième partie de l’oratorio Messiah (Le Messie) qu’il avait composé en 1741 à Londres, sur une compilation de textes tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament effectuée par Charles Jennens (1700-1773), un propriétaire terrien amateur d’art et mécène. Cet oratorio d’un genre alors tout nouveau comprend des airs pour solistes, comme à l’opéra, mais également de nombreux chœurs, lesquels, numériquement parlant, occupent une bonne moitié de l’ouvrage. Mais, contrairement à ce qui se passe sur scène, on n’y trouve aucun personnage et aucune action ne se déroule réellement. L’histoire du Christ est simplement évoquée et surtout commentée au moyen de fragments de textes très habilement illustrés par tout l’arsenal du figuralisme habituel de la musique baroque. Ainsi, par exemple, les cieux sont représentés par des notes aiguës, les errements du peuple par des mélodies tortueuses et l’agitation de la guerre par des trémolos de cordes. Tous les numéros du Messie sont d’une qualité musicale exceptionnelle, comme si le livret et son sujet avaient servi de puissant catalyseur à l’inspiration du compositeur, qui n’a mis que vingt et un jours pour tout écrire. C’est lors d’une invitation de Haendel en Irlande que l’œuvre est créée avec un succès extraordinaire qui ne se répète pas tout de suite lors de son retour en Angleterre. Il faudra attendre quelques années avant que Le Messie devienne finalement un incontournable de la musique.