"Adieu madras, adieu foulards", Vingt chansons du patrimoine
Origine : Antilles, XVIIIe siècle.
Henri Salvador a chanté "Adieu madras, adieu foulards", mais le titre est aussi très fréquemment cité dans l’ordre inverse : "Adieu foulards, adieu madras". À travers la supplique d’une femme qu’on sépare de son amoureux, ce chant est un émouvant document d’époque sur la situation des esclaves noirs dans les Antilles françaises. Sur ce sujet, on peut consulter les ressources proposées sur le site du Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes, ainsi que le dossier réalisé par le site de l’Histoire par l’image.
La tradition attribue la paternité des paroles à François Claude de Bouillé, gouverneur français des îles du Vent de 1769 à 1771. Il s’agit du même Bouillé qui, devenu général deux décennies plus tard, a organisé la fuite de la famille royale qui s’acheva à Varennes le 20 juin 1791. Honni des révolutionnaires, cela lui vaut d’être cité dans le cinquième couplet de La Marseillaise : « Mais ces complices de Bouillé ! » Ce chant est en créole antillais, langue parlée en Guadeloupe et en Martinique.