"J’ai perdu mon Eurydice", Orphée et Eurydice, Acte III, Wq. 41
Orphée et Eurydice est un opéra en trois actes qui s’inspire du mythe grec du même nom. La fin heureuse de l’opéra en diffère cependant. L’œuvre originale est créée à Vienne (Autriche) le 5 octobre 1762, au Burgtheater en présence de l’impératrice Marie-Thérèse. Le livret de Ranieri de’ Calzabigi est en italien ; le castrat (chanteur masculin dont la voix d’enfant a été conservée et qui donc chante dans une tessiture féminine), Gaetano Guadagni, détient le rôle-titre. Invité par Marie-Antoinette (autrichienne et alors dauphine du trône de France), Gluck vient s’installer en France où il modifie son œuvre pour l’adapter au goût français. Pierre-Louis Moline en assure la traduction. La création a lieu en 1774 au théâtre du Palais-Royal à Paris et remporte un succès triomphal. Le rôle-titre est alors confié à un haute-contre (homme qui possède la tessiture de ténor et qui l’élargit par des notes plus aiguës). En 1859, Hector Berlioz révise la partition d’Orphée. Sa rencontre avec la musique de Gluck a en effet révélé sa vocation de musicien et il considère le compositeur comme son maître absolu. Berlioz redonne à l’aria la hauteur de la version italienne et conserve les paroles de la version française.