Né en 17 à Leidenstadt
« Né en 17 à Leidenstadt », de Jean-Jacques Goldman, figure sur l’album Fredericks Goldman Jones paru en 1991.
Dans cette chanson, l’auteur évoque la question de l’influence des origines et du contexte politique dans les choix individuels et notamment lorsqu’il faut exprimer ses opinions dans une situation légitimant la discrimination, le conflit ou le crime.
Jean-Jacques Goldman, dans le couplet qu’il interprète seul, s’appuie sur son origine judéo-polonaise et sur le fait que sa mère soit née en Allemagne pour questionner le comportement qu’il aurait pu avoir s’il avait été lui-même allemand en 1917 à Leidenstadt et s’il avait grandi dans l’humiliation du « Diktat » sous l’influence de la montée du nazisme.
De même, Michael Jones, dans son couplet, s’appuie sur son origine galloise, marquée notamment par la Révolution industrielle, pour se questionner sur le comportement qu’il aurait pu manifester s’il était né catholique en Irlande du Nord (Ulster) et avait grandi dans une famille indépendantiste nourrissant une envie belliqueuse de se libérer de l’occupant anglais.
Enfin, Carole Fredericks, en tant que noire américaine ayant connu la ségrégation raciale aux États-Unis, se questionne sur le comportement qu’elle aurait pu développer si elle était née blanche dans une Afrique du Sud clivée par l’Apartheid, et si elle avait grandi dans une famille où le racisme est normal au point d’être l’un des piliers de l’ordre social.