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On the road again

Publié le jeu 24/09/2026 - 14:00
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Carte de France - Illustration : Ferolla
Carte de France - Illustration : Ferolla
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Bernstein et Broadway pour la nouvelle année, Bach et l’Oratorio de Noël pour clôturer celle qui se referme : les programmes alléchants de l’Orchestre National de France voyagent, pour cette nouvelle saison de son Grand Tour. Max Dozolme, qui anime chacun des avant-concerts, nous ouvre son carnet de voyage et relate une de ces rencontres exceptionnelles qui ont rythmé la saison passée. 

Sète, le 9 janvier 2026 

10 h 
C’est une fleur grise qui s’épanouit au milieu des usines, sur les rives du canal de Martigues. À l’ombre du pont d’autoroute, le Golden Tulip est pris d’une activité inhabituelle pour la saison. Depuis plusieurs minutes, ses ascenseurs vont et viennent dans un incessant ballet rythmé par 80 musiciens et leurs valises. Dans quelques minutes, ils quitteront la « Venise de Provence », direction la « Venise du Languedoc ». 

11 h 
Après avoir joué à l’Opéra de Dijon et à la MC2 de Grenoble, l’Orchestre National de France, divisé en deux cars, glisse le long des marais de Camargue et des nombreux étangs qui séparent Martigues de leur nouvelle destination. Sur l’autoroute, certains se reposent en silence, casque sur les oreilles. D’autres lisent des partitions, discutent du concert d’hier, du restaurant à réserver pour midi. Deux violonistes préparent un atelier qu’ils donneront dans quelques heures. 

12 h 
Nous sommes loin de la Nationale 7 et pourtant, n’en déplaise à Charles Trenet, nous arrivons bien à Sète comme en atteste l’apparition du sommet du mont Saint-Clair. Est-ce en raison de sa forme de cétacée que le joli port qui s’y blottit s’est longtemps écrit Cète ? C’est l’une des anecdotes que je m’apprête à découvrir en lisant un cartel du musée de la ville. Ce beau bâtiment brutaliste porte le nom de Paul Valéry. En hommage au poète qui repose non loin de là, au Cimetière marin, qu’il rendit célèbre dans le monde entier. 

16 h 
De l’autre côté du port, entre les murs du théâtre à l’italienne, Claire Hazera Morand et Benjamin Estienne donnent vie à l’atelier qu’ils répétaient tout à l’heure dans le car. Devant un public d’élèves de primaire, les deux violonistes invoquent la sorcière Baba Yaga et interprètent des pièces de Béla Bartók dans un spectacle qui plaît beaucoup ! De leur côté, le violoniste Jérôme Marchand et l’altiste Emmanuel Blanc présentent l’orchestre à des membres du Secours populaire, d’un centre d’addictologie et d’une association de quartiers populaires. 

19 h 
Dans la grande salle dorée du Théâtre Molière de Sète, le chef d’orchestre Yutaka Sado sonne la fin du raccord, l’ultime répétition avant le concert du soir. Dans l’atmosphère aussi bruyante que festive du bar de l’opéra, je détaille le programme du soir, compare des musiques traditionnelles provençales à des airs de L’Arlésienne de Bizet et on chante du Richard Anthony reprenant l’adagio du Concerto d’Aranjuez qui devrait être joué dans une petite heure. 

19 h 30 
J’ai bien fait d’utiliser le conditionnel : quelques minutes avant son entrée, le guitariste Thibaut Garcia n’arrive plus à mettre la main sur l’une de ses chaussures de concert. Comme il ne peut monter sur scène avec ses baskets usées, je lui propose de porter mes bottines noires. Le temps presse, l’orchestre joue les dernières mesures du Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov. Bientôt Thibaut Garcia — et mes bottines — apparaissent sur scène. Demain ce sera au tour de Perpignan, puis de Toulouse et d’Arcachon d’applaudir chaleureusement les musiciens. Et c’est ainsi que le tour est grand. 

Max Dozolme 

Photo : Ariane Herbay

Titre
Le Grand Tour