"La Fourmi et la Sauterelle", Fables, Les Pontikis : une comédie baroque, n°7
La saynète a clairement pour objectif d’attirer l’attention des spectateurs, de manière détournée, sur le texte de la fable chantée. Ce texte est bien différent de la fable de La Fontaine que tout le monde connaît, et le sketch consiste à faire comme si les minimulots en étaient les auteurs. Il faut, pour que la scène « passe la rampe », que les acteurs soient bien caractérisés : Petit-Touffu est plutôt lourd et a vraiment un gros cheveu sur la langue. Les Minimulots sont malins et moqueurs. On s’adresse au public. Le texte du chant qui est présenté doit être déclamé suffisamment fort pour être clairement entendu au dernier rang de la salle !
Les Fables de Jean de La Fontaine (1621-1695) ne furent pas mises en musique de son vivant. C’est en 1732 que Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749), organiste et compositeur français, publie un recueil comportant 127 fables, que le violiste de gambe Valentin Tournet présente ainsi : « (…) les fables ne sont pas littéralement mises en musique, mais représentées par un texte beaucoup plus concis, qui en est en quelque sorte la métaphore, et peut nettement différer de l’original. « La Cigale et la Fourmi » devient ainsi « La Fourmi et la Sauterelle », et se réduit à deux strophes, l’une pour l’été, l’autre pour l’hiver. Le sous-titre (ici « L’Oisiveté ») résume la morale. La mélodie ne fait pas non plus l’objet d’une composition originale, mais reprend un timbre à la mode, c’est-à-dire un air d’opéra, une chanson aristocratique ou populaire, une pièce instrumentale. »