Berlioz : « La musique en plein air n’existe pas »

Mercredi 9 juin 2021
Berlioz : « La musique en plein air n’existe pas » | Maison de la Radio et de la Musique
La place occupée par les musiciens, leur disposition sur un plan horizontal ou sur un plan incliné, dans une enceinte fermée de trois côtés ou au centre même d’une salle, avec des réflecteurs formés de corps durs propres à renvoyer le son, ou de corps mous qui l’absorbent et brisent les vibrations, et plus ou moins rapprochés des exécutants, ont une grande importance. Les réflecteurs sont indispensables ; on les trouve diversement disposés dans tout local fermé. Plus ils sont rapprochés du point de départ des sons, plus leur action est puissante.

Voilà pourquoi la musique en plein air n’existe pas. Le plus terrible orchestre placé au milieu d’un vaste jardin ouvert de toutes parts, comme celui des Tuileries, ne produira aucun effet. La réflexion même des murs du palais, si on l’y adosse, est insuffisante, le son se perdant instantanément de tous les autres côtés. Un orchestre de mille instruments à vent, un chœur de deux mille voix placés dans une plaine, n’auront pas la vingtième partie de l’action musicale d’un orchestre ordinaire de quatre-vingts musiciens et d’un chœur de cent voix bien disposés dans la salle du Conservatoire. L’effet brillant produit par les bandes militaires dans certaines rues des grandes villes vient à l’appui de cette proposition qu’il semble contredire. La musique alors n’est pas en plein air les murailles des hautes maisons qui bordent les rues à droite et à gauche, les allées à arbres, les façades des grands palais, des monuments voisins, servent de réflecteurs ; le son rebondit et circule activement dans l’espace circonscrit qui lui est assigné entre eux avant de s’échapper par les points restés libres ; mais que la bande militaire, en poursuivant sa marche et en continuant de jouer, débouche d’une grande rue ainsi retentissante dans une plaine dépourvue d’arbres et d’habitations, la diffusion des sons est instantanée, l’orchestre disparait, il n’y a plus de musique.
 
Hector Berlioz, Grand Traité d’instrumentation et d’orchestration modernes
 
 

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