Petite mais solennelle

Lundi 17 octobre 2016
Petite mais solennelle | Maison de la Radio et de la Musique
Le Chœur de Radio France interprétera la Petite messe solennelle de Rossini, le 30 octobre, à l’Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique.

LA PETITE MESSE SOLENNELLE est la dernière grande œuvre de l’auteur du Barbier de Séville : un « péché de vieillesse » très différent des pièces pour piano que Rossini écrit en abondance dans les dernières décennies de son existence, aussi bien que des messes qu’il avait composées durant sa jeunesse en 1808-1809 et en 1820 (dont une Messa di gloria). La musique religieuse n’a jamais été délaissée par Rossini. Plusieurs pièces jalonnent sa carrière, même après que le compositeur se fut retiré du théâtre lyrique, une fois son dernier opéra, Guillaume Tell, créé à Paris en 1829 : témoins les Trois chœurs religieux de 1844, deux Tantum ergo (1824 et 1847), un O Salutaris hostia (1857) ou encore un Laus Deo (1861). Mais c’est sans conteste la Petite messe solennelle et le Stabat Mater (1832) qui sont les œuvres les plus importantes livrées par Rossini en ce domaine.
 
Pourquoi une œuvre de cette richesse a-t-elle été intitulée « Petite », tout en étant rangée dans la catégorie de « messe solennelle » (Missa solemnis) que des compositeurs romantiques, dont Beethoven lui-même, avaient illustrée ? La réponse réside dans sa genèse et dans le contexte de sa création. La Petite messe solennelle a été commandée par le comte Alexis Pillet-Will (1805-1871), banquier français qui était alors administrateur de la Caisse d’épargne et régent de la Banque de France, pour son épouse, Louise Pillet-Will, dédicataire de l’œuvre. C’est donc dans un cadre privé que cette messe a d’abord été conçue. Mais l’adjectif qui orne la page de garde du manuscrit est également commenté en des termes spirituels et malicieux par Rossini :
 
« Petite messe solennelle, composée pour ma villégiature de Passy. Douze chanteurs des trois sexes, hommes, femmes et castrats seront suffisants pour son exécution, savoir huit pour les chœurs, quatre pour les solos, total douze chérubins. Bon Dieu, pardonne-moi le rapprochement suivant : douze aussi sont les apôtres dans le célèbre coup de mâchoire peint à fresque par Léonard, dit la Cène, qui le croirait. Il y a parmi tes disciples de ceux qui prennent des fausses notes ! Seigneur, rassure-toi, j’affirme qu’il n’y aura pas de Judas à mon déjeuner et que les miens chanteront juste et con amore tes louanges et cette petite composition qui est hélas ! le dernier péché mortel de ma vieillesse ».
 
Lavignac à l’harmonium
 
La création de l’œuvre en 1864 a été assurée par des chanteurs italiens (Carlotta et Barbara Marchisio, Italo Gardoni, Luigi Agnese) tandis que l’harmonium était tenu par le jeune Albert Lavignac (1846-1916), qui sera professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris et nous laissera le fameux Voyage artistique à Bayreuth (1897). Meyerbeer, Ambroise Thomas, Auber étaient présents parmi les premiers auditeurs de cette Messe. Mais après 1865, l’œuvre de Rossini, qui a suscité des réactions mitigées, ne sera plus jamais jouée du vivant du musicien. Celui-ci aura pourtant travaillé pourtant à une seconde version pour solistes, chœur et orchestre avant de décéder en 1868 (cette version sera publiée dès 1869 et créée le 28 février de cette même année).
 
Le 30 octobre, c’est la version originale pour chœur, sans orchestre, qui sera interprétée à l’Auditorium de Radio France.
 
Christophe Corbier
 
Le concert du 30 octobre sera diffusé ultérieurement sur France Musique.
 

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