Un requiem, mais allemand

Lundi 8 juin 2015
Un requiem, mais allemand | Maison de la Radio et de la Musique
Le Chœur de Radio France et l’Orchestre National interprètent par deux fois le Requiem allemand de Brahms, les 2 et 3 juillet, sous la direction de Daniele Gatti : une fois dans la basilique de Saint-Denis, une fois dans l’Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique.

AU FAIT, qu’est-ce qu’un requiem ? Une messe des morts, qui s’appuie sur un texte liturgique en latin, le mot requiem étant lui-même l’accusatif du mot latin requies, qui signifie repos. Qu’on les appelle Messe de requiem, Missa pro defunctis ou tout simplement Requiem, les messes des morts font partie du répertoire de la musique sacrée de tradition catholique. Campra, Gilles, Mozart, Cherubini, Gossec, Berlioz, Fauré, Dvorak, Verdi, Duruflé et bien d’autres ont illustré le genre. Britten, dans son War Requiem, a intercalé des poèmes en anglais de Wilfred Owen entre les différentes parties du texte latin. Il existe d’autres types de requiem, mais qui ne sont pas toujours des messes à proprement parler : le Requiem allemand de Brahms précisément, tradition luthérienne oblige, est une suite de méditations en allemand sur la mort telle qu’elle est évoquée par l’Ancien Testament.
 
Brahms s’inspire ici de la forme de la Cantate n° 106 de Bach, connue généralement sous le titre « Actus tragicus ». Il prit son temps pour donner à sa partition le visage que nous lui connaissons. Il y songea peut-être au moment de la mort de Schumann (1856), creusa l’idée au tournant des années 1860, se lança sérieusement dans la composition après la mort de sa mère (1865), fut encouragé par Clara, veuve Schumann (« C’est plein d’idées à la fois tendres et audacieuses »), fit entendre dès 1867 trois mouvements achevés, puis une première version de l’œuvre (en six mouvements) le Vendredi saint de 1868, enfin ajouta l’actuel cinquième mouvement. La partition, avec ses sept mouvements (7, comme 12, étant un chiffre-clef), était ainsi achevée. Elle fut créée le 18 février 1869 au Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Karl Reinecke.
 
Brahms lui-même mit au point la mosaïque de ses textes, pris dans les Évangiles, les Épitres, l’Apocalypse, etc., c’est-à-dire à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament, mais uniquement dans la traduction de Luther, dont on sait qu’il est l’auteur, d’une certaine manière, du premier grand texte de la littérature allemande. « Alors que le Requiem latin est une prière pour la paix des défunts que menacent les terreurs du Jugement dernier, les paroles choisies par Brahms sont destinées aux vivants afin de leur montrer que la fin de notre existence terrestre ne doit pas être redoutée, car elle apporte la paix et la bienheureuse délivrance de toutes peines et tous soucis », écrit Karl Geiringer.
 
Telle quelle, l’œuvre ressemble moins à une messe qu’à un oratorio, mais si elle n’a rien de liturgique, elle n’est guère théâtrale pour autant. Ni les solistes ni le chœur n’incarnent un personnage, et l’ensemble est plutôt une méditation sur la mort et la crainte qu’il ne faut pas en avoir. Une méditation sur le texte également, et on sait l’importance que tient, dans la démarche réformée, le retour à la Bible.
 
Florian Héro

Le concert du 2 juillet sera diffusé en direct sur France Musique et sur la plateforme vidéo Arte concert.

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